parler vrai

Dimanche 21 mai 2006

Je me suis acheté le livre "Parler pour que les enfants écoutent, Ecouter pour que les enfants parlent" de Adele Faber et Elaine Mazlish.

P'ti loulou fait la sieste et j'en ai profité pour lire le premier chapitre, après avoir feuilleté le bouquin un peu dans tous les sens.

J'en ai été bouleversée. Je pleurais en lisant, et j'ai pleuré plusieurs minutes encore après avoir fini  ce premier chapitre.
Et j'ai fini par me dire, "oui, on a le droit, tous, enfants, parents, d'avoir des sentiments négatifs. De le ressentir, et de les dire. Mon enfant, les autres enfants que je côtoie, mes amis, mon compagnon, et moi aussi."
Moi aussi étant enfant j'ai ressenti des sentiments négatifs : colère, frustration, dépit, peur, tristesse... Mais jamais je ne me suis sentie autorisée à les ressentir, ces sentiments. Alors les dire, encore moins! Je me suis rappelé les moments froids de mon enfance où je me sentais triste. Je n'osais en parler à personne et je sentais que si j'en parlais on me dirait que ce n'était pas grave. Que le motif de ma tristesse était futile, qu'il ne fallait pas me mettre dans cet état. Je me suis rapellé mes colère et le sentiment de honte melé à ma colère, parce que "on ne se met pas en colère",  "On ne dit pas de vilaines choses à ses parents, à ses enseignants, ou aux adultes en général..."

Je crois que je vais devoir attendre un peu avant de lire me deuxième chapitre. Histoire de digérer le premier d'abord.
Mon leitmotiv de la semaine, ça va être "j'ai le droit de ressentir des sentiments négatifs et de les dire, tu as le droit de ressentir des sentiments négatifs et de les dire, il a le droit..."

Pourvu que je me donne ce droit, pour être capable de le donner à P'ti loulou! (Si j'arrive à le lui donner tout de suite, il aura... Trente ans d'avance sur moi dans son évolution. Sacré challenge!)

A bientôt!
Korridwenn, qui a parfois des sentiments négatifs... Et qui en a le droit!

Par Korridwenn
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Mercredi 16 août 2006
Buvons encore,
Une dernière fois,
A l’amitié, l’amour, la joie…
 
Vous connaissez cette chanson ?
Les circonstances actuelles de ma vie font qu’elle résonne en moi comme un hymne actuellement.
J’adore Graeme Allwright, j’ai découvert son album « le jour de clarté » à l’adolescence quand j’ai farfouillé dans les vieux vinyles de mes parents. Toutes ses chansons restent gravées en moi.
« Il faut que je m’en aille », dont je tire les paroles plus haut, d’accord, c’est une chanson à boire. Qui ne l’a pas beuglée d’une voix avinée au cours d’une soirée arrosée ?
Mais aussi c’est une chanson nostalgique, sur le temps qui passe, qui n’efface pas le passé. Le présent prend la place mais ce qu’on a vécu de bon reste.
 
Nos amitiés…
Pour moi un ami, c’est une personne avec qui toute discussion est possible. C’est quelqu’un qui prend le risque de ne pas porter de masque avec moi, et avec qui je prends le risque de ne pas porter de masque. Cette vérité mutuelle nous permet de renoncer au jugement. Chacun se retrouve libre de dire ce qu’il pense, tout en sachant qu’il ne sera pas jugé.
Quelqu’un avec qui on ne serait pas obligé de s’en tenir aux banalités sociales d’usage, quelqu’un avec qui je puisse être moi, et qui me permette de l’écouter vraiment… C’est merveilleux, c’est confortable comme un vieux jean !
Avoir un ami véritable, c’est se rendre compte combien en se dévoilant ainsi, au lieu de toujours chercher à se protéger comme on fait toujours, on ne prend pas un risque, contrairement à ce que je croyais avant. Au contraire, on se fait et on fait à l’autre un grand cadeau, un grand plaisir, et on se donne mutuellement la force d’être vrai avec d’autres personnes. Qui pourront alors devenir des amis (es), et la révolution est en marche… Et on fait changer le monde.
 
Le temps, que fait il de nos amitiés…
J’assiste aujourd’hui (j’assiste ? Quelle passivité!) à une résurgence de vieilles amitiés, à la naissance de nouvelles, et aux convulsions de certaines autres.
Est-ce l’été, les vacances, qui font qu’on se lâche un peu plus ?
Je constate avec bonheur qu’une de mes vieilles amitiés refait surface. Elle n’a pas pris une ride, juste une douce patine. Je redécouvre une ancienne amie, que je porte toujours dans mon cœur. Elle a changé, moi aussi. On est restées loooongtemps sans communiquer. Et je redécouvre quelqu’un que j’aime toujours autant… Je connais quelques unes des réalités de son cœur, quelques unes des raisons qui font qu’elle est elle. Elle connaît quelques unes des réalités de mon cœur. Et puisqu’on reprend contact et qu’on est toujours amies, nous découvrons ensemble ce qui guide nos vies mutuelles aujourd’hui. Nous connaissons mieux nos passés que nos présents, mais nous apprenons petit à petit à nous découvrir aujourd’hui… Je vous souhaite ce grand bonheur, de redécouvrir un ou une amie, et de vous rendre compte que la qualité de la relation n’a pas été altérée par le temps, par le silence !
« Chantons encore, une dernière fois, à l’amitié, l’amour la joie… »
 
Et pourtant, tout n’est pas toujours si facile.
Lug et moi sommes amis avec un autre couple, avec lequel nous nous sommes engagés dans une association. Et le bénévolat c’est terrible, il y a toujours trop peu de bénévoles, on donne toujours plus qu’on ne pensait donner au départ, c’est usant… Ce couple a maintenant deux enfants, une vie encore plus remplie, ils craquent. Ils disent qu’ils n’en peuvent plus, ils ont essayé de le dire avant et n’ont pas été entendus. Leur douleur a tellement enflé qu’ils sont obligés de la hurler, de faire tout craquer. Ils se sentent exploités et exclus. J’aimerais pouvoir les aider. Nous avons été les voir pour essayer de jouer le rôle de médiateurs entre eux et le reste de l’association. Mais j’ai peur d’assister aux convulsions d’une amitié qui meurt, étouffée par les rancoeurs accumulées… Manque de parole qui tue.
C’est très âpre pour moi d’avoir à écrire ça, c’est très âpre à vivre aussi. J’espère que nous saurons tous les quatre laisser s’apaiser l’orage, laisser couler le poison, et que nous pourrons de nouveau parler ensemble quand le temps en sera revenu…
« Chantons encore, une dernière fois, à l’amitié, l’amour la joie… »
 
Même à travers les disputes, je me rends compte que je suis de plus en plus capable d’être vraie avec les autres. J’ai moins peur de me montrer telle que je suis, ce qui me permet d’aller vraiment à la découverte des autres, et je découvre des gens formidables. Je me découvre de nouveaux amis, la vie est belle ! Il y a encore très peu de temps, je n’aurais pas été capable de partir à la rencontre de nouvelles personnes et de me dévoiler comme j’ai pu le faire cet été. Aujourd’hui je crois qu’une nouvelle amitié va naître entre moi et une correspondante rencontrée sur internet, et rien que d’y penser, je suis toute joyeuse !
« Chantons encore, une dernière fois, à l’amitié, l’amour la joie… »
 
et si au lieu de juger quelqu’un à son salaire, sa tenue, son vocabulaire…. On le jugeait à ses amitiés ?
Et puis tiens, si on ne le jugeait pas ?
« Chantons encore, une dernière fois, à l’amitié, l’amour, la joie….
On a fêté nos retrouvailles,
Ça m’fait d’la peine, mais il faut que je m’en aille »
 
Korridwenn, qui chante...
Par Korridwenn
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